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Cartes libres et cartoparties

Une cartographie en ligne et éditée réalisée par la municipalité et les habitants

À propos du projet

En 2009, la mairie de Plouarzel souhaitait refaire son plan communal devenu obsolète. Pour y remédier, elle se lance, par le biais du centre multimédia, dans la réalisation d’une carte communale en utilisant le projet et les outils mis à disposition par Open Street Map (www.openstreetmap.org).

La municipalité s’investit pleinement en mobilisant les habitants et les associations de la commune. Deux "cartoparties" sont organisées à l’automne 2009 réunissant une cinquantaine de participants (dont un tiers de communes extérieures). Ceux-ci se sont répartis sur le terrain par petites équipes munis d’un GPS et un appareil photo. Ils ont répertorié chemins, routes, petit patrimoine rural, commerces...
Une équipe de bénévole s’est mobilisée pendant l’hiver pour compléter et terminer la carte. Un gros travail d’homogénéisation a été réalisé sur la dénomination des chemins et lieux-dits en breton.
A la fin de l’année 2010, la commune disposait ainsi d’une carte réalisée collectivement, disponible sur Internet, et d’un plan édité sous forme papier en "Creative commons". Ce plan a été distribué à chacun des foyers de la commune avec une lettre du maire expliquant la démarche et incitant tous les habitants à devenir acteur du projet.

En quoi ce projet est-il singulier et créatif ?

La carte Open Street Map est généralement alimentée par des contributeurs bénévoles dispersés à travers tout le territoire. Les "mappings parties" se déroulent plutôt entre "initiés" dans l’ignorance des habitants des territoires concernés.
A Plouarzel, c’était apparemment la première fois qu’une municipalité se posait en porteur de projet avec l’intention délibérée de s’appuyer sur les connaissances et les compétences de ses habitants. Tous les élus et les associations (pêche, vélo, kayak, patrimoine...) ont été mobilisés pour coordonner le recueil et la validation des informations. Les habitants "non initiés" , parfois accompagnés de leurs enfants, ont pu, durant les deux cartoparties organisées par le centre multimédia, refaire la carte de leurs lieux de vie.

Quelle est la plus-value sociale du projet ?

Durant ces journées (conviviales !), un projet fédérateur a permis de créer du lien social entre habitants qui se sont initiés à un logiciel libre (OSM) et renseignés sur les licences libres tout en participant à un projet de territoire.
D’un projet de départ très classique (édition d’un plan communal), la commune a mis en place un projet collaboratif qui aura abouti à la réalisation d’une carte sur Internet d’un plan papier tous deux distribués sous licence libre. Le coût de cette opération n’aurait pas pu être supporté de façon clasique par le budget communal et aurait sans doute fait l’objet d’un traitement de moindre ampleur.

L’appropriation du territoire, sous la forme du document cartographique, est un élément important de la compréhension de l’histoire de la commune. Il contribue à intégrer les nouveaux habitants en les faisant acteurs de leur territoire d’adoption.
La presse locale, et même la presse magazine nationale, ont bien relayé ce projet qui a contribué à développer une dynamique sur tout le Pays de Brest et même au-delà. Les habitants sont fiers d’avoir contribué à la représentation de leur commune et d’avoir participé à un projet de cartographie à l’échelle mondiale.

Quel est le potentiel de déploiement de cette initiative ?

Ce projet a fait des émules un peu partout grâce à la puissance des réseaux OSM et la bonne collaboration existant entre les acteurs du Pays de Brest.
De nombreuses associations et collectivités se lancent dans l’aventure. Le projet OSM est un bon moyen de lancer des actions autour de l’appropriation d’un territoire de vie par la jeunesse ou de recensement du petit patrimoine rural.
De nombreux développements sont à venir autour d’OSM, et de nouveaux projets peuvent émerger : insertion de photos, textes descriptifs, réalité augmentée ...
Il semble primordial que les collectivités concernées soient partie prenante des projets de cartes OSM. Elles seules peuvent, au final, valider des données et donner aux cartes OSM leur légitimité (souvent mise en doute par les services cartographiques officiels). C’est aussi un bon moyen de sensibiliser les populations à l’usage des logiciels libres et aux licences Creative commons.
Tout en gardant à l’esprit qu’une carte n’est jamais réellement finie et qu’elle évolue avec les populations des territoires qu’elle représente.

Références

http://www.wiki-brest.net/index.php/Portail:Cartes_ouvertes
http://www.wiki-brest.net/index.php/Carte_de_Plouarzel
http://www.openstreetmap.fr/
http://www.openstreetmap.org/

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