Accueil > Contributions > EVOSENS, une scop au pays des start-up : comment réunir des fonds propres (...)

EVOSENS, une scop au pays des start-up : comment réunir des fonds propres ?

Rencontré lors d’un co-voiturage, voici une interview de François Frénéat directeur administratif et financier d’Evosens une jeune entreprise spécialisée en optique du technopôle de Brest qui explique le choix du statut de coopérative par les fondateurs de cette entreprise.

François Frénéat, directeur administratif et financier, a rejoint Evosens à l’été 2015 pour apporter son expérience du conseil et du financement de projets industriels et sa connaissance de l’environnement des SCOP.


Pouvez vous présenter l’entreprise Evosens ?

EVOSENS développe des solutions optiques et photoniques innovantes pour la mesure et l’éclairage. Ainsi nos clients peuvent acquérir : i) de nouvelles données pour mieux maîtriser leurs process de production ou de R&D, ii) des solutions d’éclairage optimisées pour des utilisations de haute performance. Cette offre repose sur notre capacité d’innovation et sur nos moyens de R&D. Nous garantissons ainsi à nos clients l’accès aux dernières évolutions technologiques

Quelques exemples d’applications : Environnement/traitement des eaux, biologie (analyse des composés et contrôles) ; aérospatial, électronique, … (contrôle de production en ligne) ; Agro-alimentaire, médical (imagerie et diagnostic in vitro) ; Sécurité des transports (éclairage par sources Leds). L’équipe est composé d’ingénieurs études et R&D (compétences en optique, électronique, mécanique, informatique), de techniciens de production et de fonctions support. Nous sommes 13 salariés aujourd’hui, plus 2 alternants.


Pourquoi ce choix de se constituer en Scop pour les fondateurs ?

EVOSENS est une SCOP SARL créée en avril 2009, dont les 6 associés étaient tous issus de la même société ; cette équipe s’est fortement soudée du fait d’une gestion hasardeuse de cette entreprise, dont la stratégie n’était plus en phase avec les besoins des clients et dont le mode de management centré sur le dirigeant ne pouvait leur garantir un avenir professionnel.

EVOSENS est donc née d’une forte volonté de l’équipe pour valoriser ces compétences et ce savoir-faire en hautes technologies, en partageant les décisions et les produits de la R&D. Cette volonté initiale s’est confortée avec l’arrivée de nouveaux salariés et associés.

Qu’est ce que cela change d’être en scop dans le fonctionnement ordinaire d’une entreprise des nouvelles technologies ?

Ce n’est pas le statut en tant que tel qui crée une différence. Mais le fait d’être une coopérative favorise un esprit d’échange et d’écoute avec nos clients afin d’élaborer le système le plus adapté à leur demande. « Respecter le besoin du client », « l’aider à résoudre ses problèmes », « responsabilité », « transparence », sont autant d’expressions que l’on retrouve dans le cadre de référence coopératif que nous avons élaboré ensemble et qui constitue la singularité de notre entreprise.

Est-ce qu’il y a d’autres entreprises industrielles des nouvelles technologies en SCOP ; percevez vous un attrait pour les jeunes diplômés et les personnes embauchées ?

Oui, il y a quelques entreprises technologiques en SCOP, mais cette forme d’entreprise est assez confidentielle dans l’environnement techno (peut-être une dizaine en France). Pour autant, nous le constatons lors des recrutements, le fait d’être une coopérative est une source de curiosité auprès des candidats et après explications sur notre fonctionnement, est généralement un élément d’intérêt. Le fait d’être partie prenante des décisions importantes, de ne pas être soumis aux décisions d’actionnaires extérieurs, sont souvent des facteurs de motivation.

Est ce qu’être en Scop amène des difficultés dans le développement d’une entreprise du monde des start up ?

Il est clair que le choix de développer une activité technologique en SCOP n’est pas le choix de la facilité ! Par nature, notre activité a besoin de fonds propres importants au démarrage pour assurer le financement de la R&D. Une start-up classique mobilise ces financements auprès d’investisseurs attirés par une valorisation à venir. Or dans une coopérative, ce n’est pas la rentabilité du capital qui est le moteur de l’entreprise, puisque la part sociale n’est pas valorisée en sortie. Il faut donc mobiliser d’autres outils, mal connus des investisseurs (qu’ils soient individuels ou organismes financiers).

Pouvez présenter votre appel à financement participatif ?

Face à ce constat, le principal outil à notre disposition sont les titres participatifs. Sans être trop technique, les titres participatifs constituent une catégorie de valeurs mobilières propre aux coopératives, à mi chemin entre l’action et l’obligation. Ils sont remboursables au plus tôt 7 ans après leur souscription, et leur rémunération comporte une partie fixe et une partie variable calculée en fonction des performances économiques de la société, ainsi qu’une valorisation en sortie. Sans droit de vote en AG, les souscripteurs de titres ont toutefois accès aux mêmes informations que les associés.

Pour notre projet de développement, nous avons lancé une émission de 300 000 € de titres participatifs. Celle-ci est ouverte aussi bien à des organismes financiers qu’à des investisseurs privés qui souhaitent soutenir une entreprise technologique finistérienne, acteur de l’ESS. N’hésitez pas à nous contacter si vous êtes intéressé !

interview par Michel Briand

- contact : ffreneat at evosens.fr
- le site d’Evosens : http://www.evosens.fr/

Voir en ligne : http://www.eco-sol-brest.net/Evosen...

Documents joints

À la une

  • Blaz an Douar

    “Vieille de 100 millions d’années, la pollinisation pourrait être le plus ancien partenariat d’entreprise de la planète.” Imaginons un lieu au coeur (...)
  • Castel FabLab

    Une fiche initialement publiée dans le "Porte folio des pratiques collaboratives", rédigé par Collporterre à la suite du programme DOMINO. (...)
  • Le ProfLab

    Une fiche initialement publiée dans le "Porte folio des pratiques collaboratives", rédigé par Collporterre à la suite du programme DOMINO. (...)