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Le fablab entreprise, leFAB de saint-nazaire

un article repris du site de la fabrique du libre

Un fablab s’est ouvert à Saint-Nazaire : Le FAB.

Ce projet est aussi une expérimentation, les fablabs jusqu’à présent en France, se regroupaient en gros en 3 catégories :

  • Universitaire
  • Associatif / Collectivités
  • Industrielle/ au sein d’entreprise

Ne parlons pas d’une éventuelle 4ème catégorie [1]

Sur Saint-Nazaire, en 2014, l’université n’a pas saisie ce genre de projet, peut-être à cause du rayonnement de celui de Nantes, Plateforme C.
La communauté de commune a elle, un projet très lié à l’industrie et n’a pas consulté le secteur associatif ou citoyen, le projet s’inscrit dans toute une réflexion urbanistico-industrielle et va prendre au moins deux ans, une partie du fameux quartier de la création.
Les associations sont-elles sur la brèche, mais sans support de la collectivité et malgré leur demandes quant à l’occupation de lieux [2], sont restées sur la touche. La situation politique particulière autour des projets d’innovation citoyenne d’une part, bloqués de fait et le manque d’intérêt de Ping, l’association nantaise chargée du développement en région des fablab, n’ont pas aidé. Saint-Nazaire en tant que ville industrielle porte jusqu’à présent la marque de la ’grosse’ industrie, cela se ressent dans la vision politique qui favorise le ’gros’ sans voir que l’économie sociale et solidaire constitue déjà plus de 10% de l’économie et qui par habitude attribue le secteur d’innovation/fabrication à l’industrie ’pure’.
Et c’est Julien Lethuiller, une personne venant du milieu industriel, qui s’est lancé le premier. Ses rencontres avec les associations locales l’ont conforté dans sa démarche mais c’est plutôt la ’méthode américaine’ qu’il a adopté qui a fait déboucher ce projet sur les chapeaux de roue, créant la surprise auprès des collectivités. Il a monté un véritable projet d’entreprise avec son épouse et ont obtenues grâce à leur grande connaissance des réseaux professionnels, l’aide des banques. Les promesses des industrielles aidant, ils ont ouvert LeFAB ce début d’année, avec moult imprimantes 3D, découpeuse laser, tous les outils d’atelier pour la mécanique et autant pour l’électronique. Ce fablab est complètement dans l’éthique du Libre et il y règne une énergie créatrice forte. Il donne une nouvelle opportunité au réseaux des bricoleurs et inventeurs locaux et va permettre d’avancer sur l’idée de production P2P citoyenne.

Et donc c’est peut être ici une nouvelle catégorie (en france) de fablab :

  • Individuel/collectif, le fablab entreprise.

Il est intéressant d’en faire une catégorie car le mode de fonctionnement et de montage de ce fablab est différent des autres, du moins de ce qu’on peut observer habituellement en France.

  • il résulte d’un mouvement porté par un petit groupe de personne dont l’une a le courage de se lancer, un peu comme un mouvement associatif, sans aide des collectivités.
  • il fait appel à un business plan d’entreprise et collecte des fonds entièrement privés, en étant totalement autonome, il ne dépend pas d’entreprise extérieure.
  • il adopte un structure d’entreprise, et ses moyens financier lui permettent d’aller vite.
  • il adopte et applique totalement la charte des fablab définie par le M.I.T. et veille à l’intérêt collectif (commons)
  • il fonctionne pour atteindre un réel seuil de rentabilité, sans subvention et sans autre visée que celle du service aux individus : formation, expérimentation, communication et micro-production.

C’est peu être la le signe que l’ère de la production numérique partagée commence puisque véritablement adoptée ici par les différents acteurs de l’économie et des finances. On peut regretter le retard pris par la collectivité, et la peur des créations en coopérative qui sans doute serait là un meilleur outil d’innovation économique et sociale, mais cette histoire commence...

[1] incluant les showroom, tech shops et autre fablab à la sauce supermarché uniquement centrés sur la rentabilité faite sur le dos des consommateurs de ce service très tendance. Bien des enseignes ont déjà saisie l’opportunité d’un nouveau buisness et laisseront délibérément le coté autonomisation et instructif, l’atelier communautaire n’est pas un magasin.

[2] cf. les Abeilles : à voir sur http://bricolab.org

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