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Réseaux communautaires et FAIs associatifs : retour sur la conférence

Mercredi 23 avril à Epitech s’est déroulé le troisième
évènement

de notre cycle en partenariat
avec la Maison de l’Europe.

Plusieurs intervenants nous y ont présenté des initiatives européennes diverses
auxquelles ils contribuent et qui proposent des accès à internet respectueux des
libertés fondamentales.

Nous remercions chaleureusement les intervenants pour leur participation !
Retour sur quelques points marquants de cet évènement.

Téléchargement : vidéos, interviews et supports de présentation

Vidéos, supports de présentation et informations supplémentaires

Les supports sont au format PDF, en français et en anglais. Un fichier vidéo par
intervention est disponible.

Nous recommandons de télécharger l’ensemble en pair à pair via
BitTorrent
.
Sinon, chaque fichier individuel peut être obtenu en téléchargement direct :

Interview

Marc Dilasser a été interviewé par Yaiza Martín pour Euradio Nantes à la suite
de la conférence : à écouter
ici.

Points à retenir des interventions

Buts similaires, priorités et moyens très différents

Chaque initiative partage l’idée de démocratiser un accès à internet respectueux
des citoyens. Les priorités et les moyens varient par contre fortement selon les
situations locales.

Le rôle principal du Net du Kermeur est l’apport de haut débit en zone non
desservie grâce à des équipements de transmission sans fil constituant un réseau
local. Ce réseau a été interconnecté en 2005 à internet par une connexion
satellite, remplacée en 2006 par du SDSL
puis par une fibre optique en 2013 pour améliorer le débit. Une des motivations
principales est l’activité économique : les exploitants agricoles ont besoin de
connexions décentes pour leur travail.

Freifunk Chemnitz ne connecte pas les utilisateurs à internet mais les relie
entre eux au sein d’un réseau séparé. L’accent est mis sur le développement
participatif et la facilité d’installation, ce qui permet d’étendre le réseau
même en zones considérées non rentables par les FAIs. Freifunk utilise pour cela
également des technologies sans fil, en reliant des points d’accès en topologie
maillée
. Les
utilisateurs des points d’accès peuvent se connecter à des ressources sur internet
grâce à la présence de passerelles mais ils ne peuvent utiliser cet accès pour
mettre à disposition des contenus ou services sur le réseau public. Une telle
mise à disposition n’est accessible que depuis l’intérieur du réseau communautaire.

FAImaison n’a pas d’infrastructure propre et n’opère pour l’instant qu’en zone
déjà desservie par l’ADSL. Son rôle principal est donc d’être un FAI digne de
confiance et partageant la connaissance. L’association travaille à la création
de son infrastructure, également avec du matériel sans fil. Similairement,
Grifon étudie les possibilités pour fournir de l’ADSL et/ou créer une
infrastructure sans fil.

Des capacités de démocratisation inégales

Plusieurs critères sont censés être pris en compte par ces initiatives :
neutralité du
réseau
, tarifs
accessibles, débit décent, gestion participative et fourniture d’adresses
IPv4 et
IPv6 publiques.

La neutralité et la gestion participative se retrouvent dans chaque initiative.
Le débit et les tarifs sont inégaux du fait de contraintes financières et
techniques disparates, mais toutes font de leur mieux pour les améliorer.

Par exemple, FAImaison comme le Net du Kermeur et les autres FAIs de la
Fédération FDN doivent s’acquitter de frais inhérents à
l’interconnexion avec internet : collecte ADSL, fibre, connexion satellite, ...

En conséquent, un ADSL FAImaison revient à un total mensuel de 29 à
47€
 ; le
Net du Kermeur facture 30€. À l’opposé, les points d’accès de Freifunk sont
gratuits et la mise en place de passerelles vers internet relève de l’initiative
personnelle. La création d’une infrastructure propre fait partie des pistes de
FAImaison pour réduire les tarifs.

Contrairement aux autres initiatives présentées, Freifunk Chemnitz fournit des
adresses IP qui ne sont joignables qu’à l’intérieur de leur réseau et non depuis
internet. Ceci leur évite des contraintes techniques, administratives et
financières et facilite la possibilité de fournir gratuitement les accès, mais
limite l’interaction des utilisateurs avec internet. Une des justifications de
cette approche est qu’une adresse IP sur internet est trop facilement associée à
l’identité d’une personne, et l’un des objectifs pour Freifunk Chemnitz est la
protection de l’anonymat.

L’influence des lois et des politiques publiques

Il est clairement apparu que le cadre légal et les politiques publiques
influencent le développement des initiatives.

En Allemagne, les réseaux alternatifs se sont heurtés dans le passé à une loi
fédérale anti-terroriste (assouplie par la suite). Freifunk a été contraint de
s’enregistrer en tant qu’association pour éviter l’assimilation de leur réseau à
une activité « terroriste ».

En France, devenir FAI ne nécessite qu’une déclaration gratuite auprès de
l’ARCEP. En comparaison, l’IBPT belge
impose des frais de 300€ par an aux opérateurs associatifs. L’idée d’une
harmonisation européenne suivant l’exemple français sur ce point pour faciliter
la création de petits opérateurs a conséquemment été évoquée.

Toujours en France, l’accès des petits fournisseurs à la fibre
optique

est par contre problématique : certaines entreprises sélectionnées par les
collectivités locales pour installer et mettre à disposition le réseau fibré ont
négocié des clauses excluant de fait les petits opérateurs éthiquement engagés.

La collaboration avec d’autres structures indispensable

Toutes les initiatives reposent sur des collaborations avec des structures
locales, qu’elles soient publiques ou privées.

FAImaison a commencé son activité grâce à French Data
Network
(FDN), dont les lignes sont revendues avec une
faible marge devant à terme permettre de rompre cette dépendance. À Nantes,
l’association est membre de Bellamy 17, grâce à qui
elle peut se réunir depuis plusieurs années dans de bonnes conditions.

Le Net du Kermeur est porté par le Comité des fêtes du Kermeur, et la
Datar a financé la mise en place initiale réalisée
par l’entreprise toulousaine Alsatis. Des collaborations locales ont permis
l’utilisation de machines pour l’accès aux toits lors de la pose d’antennes.

Freifunk Chemnitz propose aux cafés souhaitant offrir un accès sans fil à leurs
clients de payer l’association pour l’installation et l’utilisation d’un point
d’accès. Les cafés évitent un ainsi le service doublement (et abusivement)
payant (pour le café et pour les clients) d’autres opérateurs comme Deutsche
Telekom, et l’association engrange des moyens pour se développer.

Retour sur l’organisation de l’évènement

Une somme impressionnante d’efforts individuels

L’organisation de cet évènement a vu une convergence d’investissements d’une
nouvelle ampleur pour FAImaison.

La communication a mobilisé beaucoup d’énergie : écriture de billets, communiqué
de presse et invitation officielle, impression et collage d’affiches,
distribution de flyers et envoi de courriers électroniques.

La logistique a aussi demandé une multitude de participations : prêt d’un
véhicule par un membre, aller-retour à Paris pour Christian, mise à disposition
de serveurs pour la diffusion vidéo, régie pendant l’évènement, mise à
disposition des supports de présentation en deux langues et... Nombreux
gâteaux et tartes !

La coordination sans accroc de ces efforts marque l’amélioration de notre
organisation, une augmentation de notre cohésion, et est aidée par l’archivage
progressif des informations sur notre wiki.

La participation d’autres personnes et structures est aussi enthousiasmante :
trois intervenants extérieurs, participation de l’Université technologique de
Chemnitz, aide de Parisiens pour l’accueil de Christian, venue de membres de
Grifon, conception bénévole de nos affiches et bien sûr coups de pouce d’Epitech
et de la Maison de l’Europe.

Fréquentation un peu faible mais public jeune et intéressé

Il y avait environ quarante personnes alors que nous espérions dépasser
cinquante. Nous avons été surpris, au vu des efforts de communication déployés.

En cherchant des explications, nous avons évoqué le sujet peut-être trop
technique, la pluie dans la demi-heure précédent le démarrage, la localisation
légèrement excentrée et la possible connotation technicienne du lieu renforçant
l’impression d’une conférence difficile d’accès pour le grand public.

Cela n’a pas empêché d’intéressantes questions d’être posées par un public
composé majoritairement d’étudiants et de jeunes diplômés.

Les discussions autour de nos fameux gâteaux ont été plus denses que les fois
précédentes, permettant d’enthousiasmants échanges dans plusieurs langues.

Une soixantaine de personnes ont suivi la vidéo en ligne, ce que nous trouvons
également plutôt faible.

Évènement coûteux mais frais répartis

Similairement aux conférences précédentes, nous avons récolté environ 55€ de
dons. Des membres ont porté ce montant à 80€.

L’aller-retour Paris-Chemnitz de Christian, à 198€, a été financé par
l’Université technologique de Chemnitz. Sa venue jusqu’à Nantes a été prise en
charge par des membres, pour une centaine d’euros. Son retour à Paris a coûté à
FAImaison 64€. Marc a été indemnisé par FAImaison à hauteur de 50€.

Epitech a hébergé gratuitement la conférence : merci à eux !

À plus de 400€, cet évènement était le plus coûteux et ambitieux de notre cycle.
La répartition des frais et les dons réduisent toutefois son coût final pour
FAImaison à 34€.

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