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Terrains de jeux, projet d’expérimentations autour de l’accueil aux Champs Libres, documentation et leçons du projet

Un article repris de la documentation du projet relayée par Samuel Bausson, un contenu sous licence CC by sa

Un des terrains de jeux sur la première phase de l’expérimentation (photo CC-BY-SA Laurie Frossat)

Le même terrain de jeux lors de la dernière phase de l’expérimentation (photo CC-BY-SA Laurie Frossat)

Un des dispositifs de médiation : la toise collective (photo CC-BY-SA Laurent Guizard)

Ce premier document propose une synthèse des principales leçons que nous retenons de ce projet.

Des documents complémentaires plus complets sont disponibles :

- cadrage du projet
- retours d’observations phase 1
- retours d’observations phase 2
- retours d’observations phase 3
- Le journaldu projet avec les compte-rendus complets des ateliers de travail et tous les plans techniques des mobiliers.

Licence des documents : CC-BY-SA Les Champs Libres

Ces documents sont partagés sous licence libre et peuvent être reproduits, modifiés, diffusés sur d’autres supports et utilisés dans d’autres contextes.

Présentation rapide du projet

L’intention initiale du projet

Les terrains de jeux invitent à s’installer et à se sentir “comme chez soi” aux Champs Libres.

Et si on profitait d’un moment d’attente aux Champs Libres pour passer un bon moment et se sentir comme chez soi ?

Pendant les vacances scolaires, des “terrains de jeux” vont inviter chacun à aménager son espace modulable et à s’installer à sa guise pour écouter de la musique, jouer à un jeu de construction, livre un livre de la Bibliothèque, pique-niquer, dessiner, rêver, rencontrer une autre personne, avoir une conversation ou simplement regarder le temps qui passe.

Ce projet expérimental et participatif met en jeu l’hospitalité, la convivialité, et l’appropriation d’un environnement comme les Champs Libres.

Problématiques et opportunités

  • Répondre au mieux aux situations d’attente fréquentes, et parfois longues, des visiteurs (constaté dans l’étude du service des publics) et notamment des publics isolés et les accueillir de façon conviviale
    -* Faire en sorte que chacun puisse “faire sa place” et que les publics se sentent “comme chez eux” : en proposant des choix d’activités et des formats d’animations en “libre service” et en facilitant l’appropriation des espaces
  • Proposer des opportunités ouvertes de coisements, de conversations, ou de coopérations entre les publics : en facilitant la rencontre informelle et les échanges entre les personnes (tout en préservant la possibilité de rester seul au calme) et en permettant aux familles et petits groupes de passer un bon moment ensemble

Voici un document plus détaillé sur le contexte et le cadrage avant projet, et la description de chaque module.
Les phases d’expérimentations

Terrains de jeux était une proposition d’expérimentation sur plusieurs mois. Elle intégrait 3 cycles successifs de tests avec les utilisateurs pour tester les propositions, observer les usages et faire des propositions d’évolutions et d’améliorations en fonction des retours.

1 - Vacances de la Toussaint 2018 : Mise à l’épreuve du concept

Cette première phase a consisté à mettre les concepts à l’épreuve des publics en situation concrète d’accueil. Les propositions étaient encore ouvertes pour s’adapter facilement aux premiers constats de terrain et aux problèmes non-anticipés éventuels. Vous pouvez retrouver undocument complet sur les retours d’observation de cette première phase.

2 - Vacances de Nöel 2018 : “Tests et améliorations des modules et fonctionnalités”

Avec une version plus stable et plus aboutie des modules, cette phase a permis de faire vivre à des publics représentatifs l’expérience complète voulue et de donner une bonne idée du projet final. Vous pouvez retrouver undocument complet sur les retours d’observation de cette deuxième expérimentation.

3 - Vacances de février 2019 : “Stabilisation de la proposition”

Pour la dernière phase, une version stabilisée a permis de faire vivre à un large public l’expérience la plus proche d’une version aboutie possible et d’avoir des retours sur des points de perfectionnement. Vous pouvez retrouver un document complet sur les retours d’observation de cette troisième et dernière expérimentation.

Les constats et les leçons retenues

Faire des propositions incitatives et adaptées à des personnes en situation de passage

  • Les familles se sont appropriées les terrains de jeux de façon engagée (86% des familles qui se sont approchées de près des terrains de jeux ont été actives et ont utilisé les propositions).
  • Plusieurs ont fait part de leur appréciation que “l’on pensent à eux” dans cette situation d’attente, en creux de la programmation.
  • Les personnes présentes sur les terrains de jeux sont dans une posture d’attente entre deux activités. Sur ces “temps morts”, elles n’étaient a priori pas “disponibles” pour d’autres propositions ou n’avaient pas d’intention particulière en amont.
  • Dans le hall des Champs Libres, elles sont sollicitées par le “bruit” d’une signalétique et d’une information abondante, par le mouvement des autres visiteurs et l’activité générale du lieu.
    -* Dans cette situation, la plupart n’avaient pas le temps, ni l’attention nécéssaire, pour lire du texte et des instructions, même très courts (mode d’emploi, consignes)

Au fil de l’expérimentation, il est apparu primordial de faire des propositions adaptées à ces conditions particulières : des propositions incitatives c’est à dire simples à comprendre, lisibles, visibles en public, et faciles à prendre en main.

Leçon 1 : Faire des propositions simples à comprendre

  • Des propositions “évidentes” où je comprends d’un coup d’oeil ce que je peux faire (par exemple les jeux de construction, le coloriage)
  • Des propositions intuitives où la forme explicite la fonction (par exemple l’entrée et les hublots du tunnel suggère que je peux aller sous la table, ou les coussins aimantés m’incitent à les ranger)

Leçon 2 : Rendre lisible avec une unité de proposition

_* Associer clairement un périmètre à une fonction principale ou unique (par exemple dessinner ou construire).

  • Rassembler les modules, plutôt que d’avoir plusieurs modules éparpillés (par exemple faire une grande table “banquet” plutôt que des îlots)

Leçon 3 : Faire des activités en public pour inciter les personnes à s’engager

-* En étant témoin de ce que font les autres, je “vois” ce que je peux faire, j’ai envie de faire (j’ai une “preuve sociale” que c’est interessant) et je sais comment faire (ils me le montre par l’exemple).
-* L’exemple de la toise collective géante en a été un exemple : dès qu’une personne a été invitée à se mesurer, d’autres ont ont attendus spontanément leur tour pour en faire autant.

Leçon 4 : Proposer des activités faciles à démarrer pour faciliter l’engagement.

_* Réduire les “frictions” mentales ou matérielles qui inhibent l’engagement (tout le matériel est disponible, il n’y pas d’effort particulier à faire pour démarrer…)

  • Rassurer, et finalement faciliter l’engagement, en donnant l’option de ne s’engager que quelques instants tout en pouvant rester plusieurs heures si l’intérêt se confirme (ex : coloriage géant, il n’y pas de “fin” mais où c’est très simple de démarrer, même quelques minutes)

Expérimenter permet d’améliorer les propositions mais il faut mettre en place les conditions propices pour le faire de façon rapide et fréquente.

-* Pour cette expérimentation nous avions délimité des espaces dans les Champs libres (les Terrains de jeux) et programmé des phases successives de tests en situation avec les publics (pendant les vacances scolaires) et des phases intermédiaires pour faire évoluer les modules (entre les vacances)
- * Cette expérimentation a permis de faire évoluer les propositions en fonction des observations de terrain :
-* Elles ont permis de prendre conscience de l’intérêt de travailler sur la lisibilité des espaces et l’attractivité des modules (voir au dessus, le constat “propositions incitatives”)
—* Elles ont permis de mieux distinguer les besoins dans différentes situations (familles de passage, personnes seules installées sur du temps long)
—* Elles ont permis d’améliorer les propositions sur des points techniques assez précis (par exemple la hauteur des tables pour faciliter la participation des adultes assis avec les enfants debouts)

  • En revanche, nous aurions voulu être en capacité de faire évoluer les modules plus rapidemment et plus souvent, dès que des ajustements possibles pouvaient être constatés, c’est à dire dès le premier jour.
  • Les 3 séquences programmées imposaient un rythme trop rigide pour être en capacité de le faire de cette façon.
  • Avec un public très large dès le départ, notre capacité à itérer rapidemment avec des prototypes et faciles à mettre en place (en carton par exemple) mais fragiles, n’a pas été possible.

Leçon 1 : Rapprocher toutes les parties prenantes

_* Faire ensemble nous a permis de bien prendre en compte toutes les c-mposantes du projet, dès le départ et au fil de l’évolution du projet.
-* Piste possible d’amélioration sur ce point : intégrer les prestataires en “résidence”, sur le terrain avec les équipes internes, pour renforcer la cohésion du groupe de travail et renforcer sa capacité d’intervention rapide.

Leçon 2 : Augmenter et assouplir les phases d’itérations

-* Prévoir des phases de tests et d’évolutions plus rapides et plus souples pour incrémenter et améliorer en continu.

Leçon 3 : Prévoir un cadre adapté à une expérimentation dès les premières étapes.

-* Prévoir des sessions préalables d’expérimentations rapides avec un public restreint.

  • Mettre à profit ces sessions pour utiliser des prototypes “fragiles” ou hors des normes de sécurité, mais qui sont assez légés pour se permettre de les modifier facilement ou de les abondonner le cas échéant.

Faciliter le travail d’équipe avec un cadre partagé de coopération

-* Terrains de jeux était inscrit dans le programme de saison “Exploration urbaine”. Ce contexte initial a permis de faire émerger une proposition avec un croisement des métiers, des services et des entités des Champs Libres mêlant l’accueil, la médiation, la participation des publics, l’expérimentation…
-* La coopération au sein de l’équipe de travail a bien fonctionné et chaque partie prenante du projet s’est fortement engagée
Les modules imaginés au départ (médiation, accueil…) ont tous trouvé preneur et d’autres ont été proposés de façon spontannés (ex : le module pour les disques vinyles).

Leçon 1 : mettre en place les conditions d’une coopération effective.

  • Pour faciliter l’engagement de chacun, le projet était ouvert aux personnes partantes pour y contribuer volontairement au projet (pas de désignation a priori en fonction des postes)
  • Par souci d’agilité, le fonctionnement a favorisé l’autonomie de chacun.
  • Nous avons limité les “réunions d’information” au profit d’ateliers de travail avec les contributeurs directs au projet pour articuler les actions de chacun.
  • Ce mode de fonctionnement décentralisé a permis une capacité d’adaptation aux évolutions en cours d’expériences (changements de focus en cours de vacances, évolutions des mobiliers…).

Leçon 2 : créer un projet commun avec une équipe de contributeurs engagés.

-* Nous avons pris le temps (2 ateliers de 3 heures) de redéfinir ensemble le projet en commun à partir de la proposition initiale. Un temps pour s’approprier le projet et se positionner.

  • Les personnes volontaires on pu s’emparer d’une partie du projet (s’attribuer un des modules : accueil, médiation, documentation…), en définir le périmètre et les modalités de mise en oeuvre, de façon autonome et en co-responsabilité.
  • Le pilotage du projet a été assuré par un coordinateur en posture de facilitation des différentes parties prenantes.

Leçon 3 : Proposer des temps courts et propices à l’expérimentation pour oser le changement.

-* Les terrains de jeux pour les publics ont également été des terrains de jeux pour certains collègues des Champs Libres.
-* Un cadre expérimental pour “dire oui”, s’extraire des contraintes et des habitudes de travail, s’autoriser à tester de nouvelles façons de faire.

  • Un cadre sécurisant où les essais et les erreurs font partis de la démarche.
    -* Voir les retours sur la 1ère phase notamment

Leçon 4 : Hybrider les métiers pour fluidifier l’expérience de visite aux Champs Libres.

-* Les terrains de jeux dans le hall sont devenu des espace multi-fonction dans lesquels nous pouvions accueillir les publics, proposer une activité sur place, facilement avoir un échange, ou encore orienter sur d’autres propositions

  • Le projet a mis en exergue une hybridation possible de différents métiers et fonctions, en particulier entre l’accueil, la médiation et la facilitation.
  • Selon les envies et les disponibilités, chacun a pu s’autoriser à faire le métier de l’autre, à décloisonner les fonctions
  • Les médiatrices ont pu générer de l’intérêt pour leurs propositions à partir des Terrains de jeux dans le hall, un espace au croisement des parcours des visiteurs, et assouplir les contraintes habituelles de la programmation (horaires, salle, temps d’animation…)
    -* Cette expérience suggère de travailler d’avantage dans ce sens pour “fluidifier” l’expérience de visite aux Champs Libres (moins de “ruptures” entre les situations successives d’entrée, de billeterie, d’attente, d’activités programmées…)

https://hackmd.io/s/H1lQYpe57

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